Cour des comptes, rapport, 10 juillet 2026
Cinq ans après ses premières recommandations, la Cour des comptes dresse un bilan mitigé de la lutte contre les algues vertes en Bretagne et appelle les pouvoirs publics à intensifier leurs efforts.
La Bretagne concentre 93 % des échouages recensés en France. En cause notamment : les concentrations excessives de nitrates dans les cours d’eau, liées aux engrais et aux effluents d’élevage.
Or, sur les 21 préconisations formulées par la Cour en 2021, seules 33 % ont été pleinement appliquées, 52 % ne l’ont été que partiellement et 15 % ne l’ont pas été.
Les résultats demeurent par ailleurs très variables selon les territoires : seules trois des huit baies suivies connaissent une diminution des échouages. Les concentrations en nitrates restent supérieures à 25 mg/L, alors que les travaux scientifiques préconisent un niveau inférieur à 10 mg/L pour enrayer le phénomène.
Certes, les moyens financiers consacrés à cette politique ont fortement progressé, passant de 56 M€ pour 2011-2017 à 128,6 M€ pour 2022-2027. Mais certaines zones, notamment les vasières, demeurent insuffisamment prises en compte.
👉 La Cour formule donc huit recommandations, parmi lesquelles le renforcement des obligations résultant de la directive nitrates, la fixation d’objectifs évaluables de modification des pratiques agricoles, l’amélioration des moyens de contrôle des services de l’État et une meilleure coordination de la politique foncière agricole. Elle préconise également de conditionner les aides aux filières agroalimentaires à des engagements en matière de prévention des fuites d’azote.